Le retour de Pan : mode d’emploi

Le retour de Pan

Le retour de Pan : mode d’emploi

Si, pendant le règne de l’empereur Tibère, des marins superstitieux ont répandu dans tout l’Empire la rumeur selon laquelle le Grand dieu Pan était mort, et si cette rumeur s’est avérée en outre être une vérité inconditionnelle pendant deux millénaires, aujourd’hui, le Grand Pan ferme la bouche des menteurs par sa propre main. Aujourd’hui, Pan revient.

panique et philosophie

Le Léviathan de l’Actuel s’est empêtré dans la forêt de Pan : il s’est piégé lui-même dans la jungle à laquelle il a lui-même tenté de réduire le monde. Et si le Léviathan est déboussolé, c’est qu’il a été pétrifié devant l’image de son Double ; son accès de panique est la terreur devant son propre abîme.
Or il existe un mode d’emploi panique de la philosophie, dont la pandémie provoque les symptômes. Le diagnostic panique est isomorphe à ce qu’il dénonce : il tend à un horizon apocalyptique, l’horizon indépassable de l’actuel ; à un confinement ontologique. Il nous faut donc un nouveau discours de la servitude volontaire. Aujourd’hui, il nous faut un nouvel optimisme ontologique.
Magnus Pan mortuus non est.

Le bûcher du dieu Pan

Ce jour-ci, le *** mai 1945, à la toute fin de la Seconde Guerre mondiale, quelques jours après la chute de Berlin et à la veille de la reddition de l’Allemagne nazie, lors d’un incendie inexpliqué à Flakturm Friedrichshain, une tour de défense aérienne en béton construite en 1941 par les national-socialistes dans le parc berlinois de Friedrichshain, une partie de la collection de la Gallérie de peinture de Berlin (alors le Musée Kaiser Friedrich ) a été détruite. Parmi eux, à côté des œuvres de Donatello, Michel-Ange, Tintoret, Caravage, Van Dyck, Rubens, se trouvait l’une des œuvres les plus énigmatiques des temps modernes – la peinture qui a été provisoirement décrite comme L’école de Pan par Luca Signorelli.

Panique

En plein midi d’été torride, au moment apparemment le plus banal de la journée, lorsque le temps suit son cours habituel comme si rien ne pouvait jamais le briser, lorsque le danger ne s’imagine même pas, tout à coup c’est comme si tout se figeait : le temps s’arrête.