Panique

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Panique

En plein midi d’été torride, au moment apparemment le plus banal de la journée, lorsque le temps suit son cours habituel comme si rien ne pouvait jamais le briser, lorsque le danger ne s’imagine même pas, tout à coup c’est comme si tout se figeait : le temps s’arrête. Le moment se fige : comme si les ailes des papillons frétillants autour des fleurs printanières se pétrifiaient, comme si le bourdonnement des abeilles se figeait, comme si l’air cessait de vibrer, tout à la fois en mouvement et en arrêt. Le temps s’est arrêté. Qu’est-ce que c’est ?

Qu’est-ce que c’est ? Quelle est cette sensation ? Quelle est cette paralysie du normal ? Quelle est cette force extraordinaire qui fait le temps sortir de ses gonds pour rester paralysé ? Qu’est-ce qui rompt le cours du printemps ?

Les Grecs ont donné un nom à cet instant figé, suivi de sensation de danger imminent, d’horreur paralysante. On l’appelle la panique : Πανικός, « de Pan ». Le mot « panique » désigne la proximité du dieu Pan.

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La panique c’est l’approche de Pan. Pan guette, invisible, mais omniprésent.

Il est dans les ailes du papillon frétillant, dans les branches pendantes du saule pleureur, se balançant sur le ruisseau, il est dans les contours instamment gelés de la brume estivale – au-dessus du ruisseau, dans la broussaille, dans cette forêt brûlée du soleil, juste là dans la clairière, entourée de sapins sombres, perçant à travers le ciel incandescent. Là-bas, dans les buissons, là, partout, tout autour. Ici.

Pan : c’est ici. Ici : panique.